Dakar 2016

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Le 29 décembre 2015

Ce mardi matin, récupération des véhicules au port. Il fallait de la patience. 2h30 sous un soleil de plomb. J’ai retrouvé ma moto bien emballée.

Le temps de rebrancher la batterie et départ direction Tecnopolis à 70 km environ. Base du rallye Dakar à Buenos Aires.

Demain c’est préparation du matériel et de la moto.

A+

Nicolas

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Le 31 décembre 2015

Ce mercredi., reconditionnement des caisses personnelles (habits, outils, pièces détachées, aliments pour la course) et préparation de la moto pour recevoir son nouveau kit déco.

J’ai profité de faire un tout petit tour dans le paddocke.

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Dernier jour de l’année et fin de la préparation de la moto avec David mon mécano que je partage avec Damien. Les 2 suisses ensemble, une stratégie nomadienne 😉. Ici, en photo avec ma moto, c’est Alain qui nous a aidé au départ des opérations de relookage.

J’ai mis un peu d’ordre dans mes affaires. Ne vous fiez pas à la photo, vous ne voyez que la moitié de mon attirail.
Il s’agit de ne pas perdre de temps au bivouac. Donc on conditionne quasiment tout en sachets.

Côté météo, il fait toujours beau et chaud avec heureusement du vent très apprécié.

 

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Alain mon mécano

Le 1er janvier 2016

Bonne année à tous. Tous mes meilleurs voeux de bonheur. J’espère que ma plaque « NE 2016 » m’apportera de la chance car il m’en faudra aussi ces 2 prochaines semaines.

Dernière étape avant le grand saut. Contrôles administratifs et techniques. La moto est mise ensuite au parc fermé. Je la récupérerai 30 minutes avant mon heure de départ avec passage sur le podium. Bigs émotions en perspectives.

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Le carnet de contrôle administratif
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La moto au parc fermé

Samedi 2 janviers 2016 – Parcours

Etape1a

Etape1

NICOLAS – COMMENTAIRES APRES COURSE

Journée incroyable avec le départ de la course. Ca commence avec un gros coup de chaleur dans le parc fermé car la batterie est à plat. Ca sera ée premier pontage de la journée. Les câbles de pontage que je transporte sous ma selle seront très vite amortis.

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Quelques heures plus tôt au briefing, Marc Coma nous informe qu’il faudra passer un gué durant le prologue et que sa profondeur est d’environ 30 cm. Lors du franchissement et malgré une vitesse assez raisonnable, la moto boit la tasse et c’est la panne. La profondeur réelle du gué avoisinait plutôt les 60 cm. Au bout d’une dizaine de minutes, j’arrive toutefois à redémarrer le moteur. Un français que j’avais croisé sur le rallye de Sardaigne était bien plus en panne que moi et je ne pouvais pas le laisser là alors qu’il perdait ses nerfs. Je lui ai donc proposer de prendre de l’énergie sur ma batterie, ce qu’il a décidé de faire. Ce procédé a été infructueux et alors que je décide de poursuivre ma course, je retombe en panne car ma batterie s’est vidée dans l’opération précédente (je ne regrette toutefois pas mon geste envers le no 141). Du coup, c’est les spectateurs argentins qui viennent à mon secours. Ils procèdent aux manipulations pour évacuer un maximum d’eau encore dans la boite à air et on utilise à nouveau mes câbles pour ponter sur une batterie d’un camping car (muchas gracias amigos !!!). A savoir que j’étais le premier de vingt autres pilotes qui seront aidé de la même manière par le public.

Le fameux gué de "30 cm" de profondeur
Le fameux gué de « 30 cm » de profondeur
Les argentins à la rescousse - tout simplement génial
Les argentins à la rescousse – tout simplement génial

Au final, un prologue de 11 km complètement bâclé et qui conditionnera toute ma course vu que je partirai loin derrière. Indéniablement, va falloir prendre quelques risques en dépassements.

Dimanche 3 janvier 2016 – Parcours

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L’étape du jour a été annulée en raison du mauvais temps.

Le matin au départ (on ne savait pas ce qu'il allait nous tomber sur le casque
Le matin au départ (on ne savait pas ce qu’il allait nous tomber sur le casque)

 

Le 4 janvier 2016

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Le jour d’avant, la préparation du roadbook bien sûr

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RALLYE DAKAR 2016

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Les Suisses en mode «remontée» 

L’étape numéro 2 du Dakar 2016 – la première, programmée dimanche, a été annulée en raison des conditions atmosphériques – a été marquée par un sacré exploit signé, sur quatre roues, par le nonuple champion du monde WRC, Sébastien Loeb, qui s’est imposé à ses débuts sur le fameux rallye-raid.

Et sur deux roues, l’heure est à la remontée pour les deux pilotes suisses engagés, après les soucis – motos noyées – du prologue de samedi. 69e de l’étape et désormais 87e du classement général, le Genevois Damien Udry a réussi un joli coup: «L’étape du jour était superbe, sur une piste magnifique et, cette fois, dans des conditions climatiques idéales. Je me suis régalé, malgré une petite sortie de piste sans gravité. J’opère une belle remontée au classement et je suis super motivé pour prendre le départ de l’étape 3, mardi», explique Udry.

Débutant sur la course, le Jurasso-Neuchâtelois Nicolas Monnin a frôlé le top 100 durant toute la journée. 94e au premier contrôle de passage, il termine l’étape au 105e rang et se retrouve 117e au général, sur 131 classés.

Mardi, la troisième étape mènera la caravane de Termas de Río Hondo à San Salvador de Jujuy, avec des pistes de montage en fin de spéciale.

1204 signes/Termas de Río Hondo, 04.01.2016

 

NICOLAS – COMMENTAIRES APRES COURSE

Sur cette 2e étape, rien ne se passera également comme prévu. Pour faire court, au kilomètre no 140 mon GPS me lâche. L’appareil a pris l’eau hier. Cette panne me contraint à rouler avec des pilotes plus lents que moi car l’appareil me servant de compteur kilométrique ne fonctionne plus (il est relié au GPS) et je n’ai plus d’avertisseur Sentinel non plus (lui aussi relié au GPS). Je ne vous raconte pas les sensations que font ces monstrueux 4×4 quand ils arrivent à votre hauteur (SURPRISE !).

Le 5 janvier 2016

2016Dakar2Photo prise sur le site Facebook de Nicolas Monnin

RALLYE DAKAR 2016

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Udry et Monnin dans le top 100

Ils ont quitté Termas de Río Hondo pour San Salvador de Jujuy, cap au Nord-Est. Le programme de cette troisième étape prévoyait 314 km de spéciale, puis une longue liaison de 350 km. Les conditions météorologiques étant encore difficiles dans la région, la spéciale a été raccourcie de plus de 100 kilomètres, ce qui n’a pas empêché les deux pilotes suisses en course de poursuivre leur remontée. Le Genevois Damien Udry termine à un excellent 59e rang (à 19’36 du vainqueur, l’Espagnol Barreda, premier d’un triplé Honda et leader du classement général), pendant que le Jurasso-Neuchâtelois Nicolas «Sumo» Monnin s’offrait son premier top 100 de l’épreuve (98e, à 29’26, sacrée performance pour le débutant).

Au classement général, les deux pilotes du team Nomade (KTM) poursuivent logiquement leur progression, Udry est 75e et Monnin se retrouve 107e sur, désormais, 131 classés.

Mercredi, c’est le premier test vérité: la boucle de San Salvador de Jujuy comprend une spéciale de 429 kilomètres, pour un total de 629 bornes. C’est la première étape marathon – donc sans assistance – le tout à une altitude moyenne de 3500 mètres, avec d’incessants changements de rythmes liés à l’alternance de terrains sablonneux et caillouteux. Il va y avoir des écarts!

1256 signes/San Salvador de Jujuy, 05.01.2016

 

NICOLAS – COMMENTAIRES APRES COURSE

Durant cette 3e étape, je pense très fort au regretté Fabrizio Meoni. Tout personnes intéressées au rallye raid connaissent la fameuse scène où Frabizio explose de colère contre son GPS. Eh bien le mien, il s’est mis à hurler pendant la moitié du parcours de la spéciale, de quoi colérer aussi. Au lieu de sonner aux endroits où la vitesse est limitée, il sonnait n’importe où. Ca ma complètement déstabilisé car d’une part il me mettait en doute sur l’emplacement des zones limitées en vitesse et d’autre part le son est tellement puissant que j’ai roulé une partie de la spéciale avec une main sur l’émetteur de son.

Incroyable, je suis dans les roues de Superman
Incroyable, je suis dans les roues de Superman

 

Le 6 janvier 2016 – Etape Marathon, sans assistance

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RALLYE DAKAR 2016

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Damien Udry contraint à l’abandon,
Nicolas Monnin s’accroche

La première journée de l’étape marathon du Dakar 2016 n’a pas souri aux deux pilotes suisses. Brillant comme ces jours derniers en début d’étape, le Genevois Damien Udry était 59e au troisième contrôle de passage, lorsqu’il a été victime d’une sérieuse chute au km 300. Système de navigation abîmé, il a pu reprendre la piste, terminant 116e de l’étape. Mercredi soir, Udry se disait encore optimiste: «Je garde le moral», au moment où il passait une visite médicale, des douleurs lancinantes dans un poignet. Ce jeudi matin, le Genevois a dû se rendre à l’évidence: «C’est malheureusement avec une très mauvaise nouvelle que je me réveille. Ma chute, que je pensais sans gravité, a bien abîmé mon poignet, qui a triplé de volume. C’est très douloureux et une première radiographie a confirmé ce que nous redoutions: scaphoïde cassé. Les médecins ne m’ont pas autorisé à prendre le départ, l’aventure se termine donc ici. J’ai tout donné ces derniers jours et je suis vraiment déçu de ne pas pouvoir aller plus loin. Ce sont les risques de la course et il faut s’y préparer. Mais c’est un coup dur pour le moral, difficile à accepter.»

Le Jurasso-Neuchâtelois Nicolas Monnin a, pour sa part, également connu de gros soucis. 83e au premier CP, il est tombé à plus de 100 km/h au km 163. Il a finalement rejoint le bivouac en ayant perdu près de cinq heures: «Je me suis fait piéger dans la poussière d’un concurrent, visibilité nulle, virage surprise. La moto a beaucoup souffert», confie Monnin, touché à une côte. Ce matin, l’ancien champion de sumo, a pris le départ de la seconde partie de cette étape-marathon en serrant les dents et en voulant ménager sa monture.

1668 signes/San Salvador de Jujuy, 07.01.2016

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NICOLAS – COMMENTAIRES APRES COURSE

Etape no 4, étape rapide avec des vitesses allant de 130 à 160 km/h. Enfin une étape ou tout fonctionne bien. Mes appareillages et principalement le GPS fonctionne. Mes temps de passages oscillent entre la 77e et la 87e place.
Temps étape 4Je suis confronté constamment à devoir rouler à la limite de la visibilité car je rattrape des pilotes qui me précèdent. Je ne tente aucun dépassement sans que ma visibilité soit correcte et ça fonctionne bien à plusieurs reprises.

Kilomètre 163 de la spéciale. A nouveau à l’arrière d’un pilote, la poussière devient subitement opaque devant moi. Je suis totalement surpris et j’ai à peine le temps de saisir les freins que je suis à nouveau capable de voir devant moi. Situation très déplaisante que de constater que la chute sera inévitable, je n’ai plus de piste sous mes roues et ma vitesse est exagérément élevée pour passer les obstacles qui se dressent devant moi. La moto vole et le pilote aussi.

Je me relève difficilement, je suis blessé et la douleur est vive à chaque mouvement. La moto est très abîmées mais elle roule. Je remonte, je continue. Arrêt au CP2. Je souffre et c’est pénible. Malgré les premiers antidouleurs, reprendre la moto est un vrai calvaire. Mon système de navigation est HS et va falloir naviguer à vu. Au CP3, nouvel arrêt. En fait, c’est Etienne Lavigne, le patron du Dakar, qui me stoppe et alerte le médecin de l’hélico. Je passe un long moment avec eux. Ils me laisseront repartir avec une balise de détresse portative et des doses d’antidouleurs. Mon chemin de croix ne fait que commencer. Je suis notamment contraint de rouler exclusivement debout car les chocs, même provenant d’une route asphaltée, me font hurler.

De retour au bivouac, passage chez les toubibs de l’organisation. Ils diagnostiquent une côte fracturée. Il s’avérera après examen en Suisse que j’ai été touché à 2 côtes et que j’ai une fracture multiple à la main gauche. Bon les toubibs du Dakar s’assurent principalement que tu n’as pas de blessures pouvant te mettre au péril. Je repars du centre médical avec des antidouleurs supplémentaires et m’apprête à passer une nuit en enfer sur un bivouac où je suis livré à moi-même. C’est une étape marathon et les teams d’assistance et nos affaires ne sont pas là. Génial ! Pour couronner le tout, je devrai repartir demain avec ma moto mal en point.

 

 

Le 7 janvier 2016 – Etape no 5

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RALLYE DAKAR 2016

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Pas de miracles pour Monnin contraint à son tour à l’abandon

Il n’y a plus de Suisses dans le Dakar: vingt-quatre heures après l’abandon du Genevois Damien Udry, le Jurassien établi dans le canton de Neuchâtel, Nicolas Monnin a dû renoncer à son tour. Victime d’une chute mercredi, dans laquelle il s’était froissé une côte, l’ancien champion de sumo a serré les dents jeudi, dans la seconde partie de l’étape marathon, disputée le plus clair du temps à plus de 4000 mètres d’altitude. Las, la douleur l’a emporté: «Malheureusement, la chute de la veille n’a rien arrangé pour cette seconde partie de l’étape marathon. J’ai éprouvé beaucoup de douleurs et comme il m’était impossible de récupérer en position assise, j’ai roulé debout tout le long. Au km 198, à une altitude de plus de 4400 mètres, les médecins m’ont stoppé. Ils m’ont donné de l’oxygène, car mon taux était trop bas. Après une heure, j’ai voulu repartir, mais ce n’était pas possible. J’ai rejoint Uyuni en hélicoptère, ce qui signifie fin de parcours – abandon – pour moi. C’est bien sûr difficile à digérer. Il va falloir rebondir d’une manière ou d’une autre», explique Nicolas Monnin.

1096 signes/Uyuni, 08.01.2016

 

NICOLAS – COMMENTAIRES APRES COURSE

Je ne me rends pas compte du défi que je relève. Le gars qui surveille le parc fermé et qui me voit monter sur ma machine hallucine. Je suis déjà à l’agonie. Monter et descendre de la moto, des mouvements justes impossibles. Chris Cork un copain et ami qui est au sein de la même équipe que moi, va rouler en liaison devant moi vu que je n’ai plus de système de navigation. De 1’200 m nous montons en quelques heures à une altitude de plus de 3’500 m. Bonjour la Bolivie. Tant bien que mal, mais surtout mal, je vais franchir les différents obstacles. La route est longue et je sens mes forces s’affaiblir, résultant notamment d’un déficit d’oxygène en lien avec mes côtes en vrac.

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Je n’ai aucun autre moyen que de demander à un véhicule de l’organisation pour connaître ma position dans la spéciale. Damned, je me rends compte que ce n’est pas un véhicule de l’organisation mais un d’une équipe de la télévision. Je m’arrête quand même et là démarre une autre histoire. Je ne reste pas longtemps vers eux et continue mon chemin. J’agonise à petit feu. L’équipe de tournage me croise à nouveau. Nouvelle séquence « galère » dans la boîte. Je repars une énième fois. J’arrive au sommet d’un col (altitude environ 4’600 m – approximativement la Pointe Dufour en Suisse). Une équipe médicale est là, une opportunité d’avoir de l’oxygène en rab. Les événements s’enchainent et les médecins tentent de me raisonner. Je suis incapable de leur confirmer que j’abandonne. Pourtant c’est ce qui se passe et l’hélico me ramène au bivouac d’Uyuni. Je passerai dans cette ville une vie de zombie (blessé, en manque d’oxygène permanent et mentalement anéanti).

Mentalement, je n’ai jamais décidé d’abandonner.

 

Le 10 janvier 2016

Bonjour à tous

Je suis en effet en très meilleure forme maintenant que je suis à Salta. Les médecins du Dakar m’ont confirmé que c’était déjà étonnant que je puisse monter à 4’600m avec des capacités pulmonaires réduites.

Je vais demandé aux toubibs s’ils ne veulent pas breveter leur « Wonderbra » multifonction: Jolie poitrine, maintien des côtes, possibilité de toujours allaiter (?) et surtout épilation à chaque changement.

Au lieu de me moquer, je remercie le staff médical du Dakar. C’est une sacrée équipe. Je vais spécialement aller leur dire au-revoir tout à l’heure.

Le retour se fait le 11 de Salta à. Buenos Aires puis Madrid et enfin Genève le 12.

Mes meilleures salutations de Salta

Nicolas (Le Sumo)

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Cet après-midi, visite de Luc Alphand au bivouac de Nomade Racing

LucAlphand chez Nomade Racing